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  • Lire le fantastique

    Lire le fantastique

    Avec l’amour de la fantasy a grandi celui du fantastique : les légendes (bretonnes) m’invitaient à passer la frontière étroite séparant les deux genres. Je naviguais indifféremment du merveilleux au frisson, de l’éblouissante à l’inquiétante étrangeté, épinglant sur mes étagères les récits comme autant de papillons à l’éclatante lumière ou aux ombres terribles. Délaissant les fées, je scrutais les fantômes : êtres d’éther, ils exprimaient chacun un rapport aigu au temps, les premières l’instant présent cristallisé, l’éternité dans un corps frêle, les seconds la mort dans sa durée lancinante, le rappel incessant de la brièveté de la vie. Peu m’importait, finalement, que les brumes s’irisent ou se glacent, ces entités surnaturelles répondaient à mon besoin d’Autre, que cet au-delà soit celui du réel, de l’espace ou du temps.

    L’adolescente a vu, à travers le fantastique, l’occasion d’éprouver ses limites : si j’appréciais toujours autant le fantastique de suggestion, les atmosphères étouffantes propres aux maisons hantées ou aux suspicions spectrales [...]

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