De Litteris

1-1-2011

Incipit

Je suis longtemps restée bloquée devant cette première page : l’angoisse des premiers mots fondateurs me bloquait. J’aurais voulu quelque chose de percutant, de beau, ou de mystérieux, quelques mots qui auraient immédiatement tissé une atmosphère, révélé ce que j’attends de ces quelques phrases lancées au gré du net.

J’ai préféré le bouillonnement, plus caractéristique de ma personnalité. Des phrases jaillissant sans ordre prédéterminé, pour poser, simplement, mon envie de partager mon amour de la littérature.

Je voudrais, à travers ces pages, évoquer différents aspects de ce monde littéraire qui me constitue, pour moitié, depuis que je suis en âge de déchiffrer des histoires. Parler de l’acte de lire aujourd’hui, tenter d’expliquer ce besoin de s’abstraire au monde pour mieux y revenir, interroger cette nécessité de lire qui m’habite, cette quête quotidienne de fulgurances et d’incitations à autre chose.

Parler du long circuit entre les étagères et les tables de la librairie jusqu’au moment terrible et précieux où l’on élit les compagnons de la semaine à venir. Du goût des premières lignes qui créent d’étranges affinités et poussent à se noyer plus loin dans le texte..

Parler de ces livres, après les avoir lus, sondés, digérés. Certains plus longuement que d’autres, tant il est vrai que mes suffrages hebdomadaires ne m’apportent pas toujours la dose d’Autre que je recherche.

Evoquer les auteurs qui ont forgé ma persona de lectrice, ceux que je relis au fil des ans, ceux dont les phrases surgissent parfois, au détour du quotidien, pour soudain ré-enchanter un peu le monde sous mes yeux, le déniaiser de ses habitudes, réinventant la langue que je prononce chaque jour jusqu’à la dépoussiérer de ses circonvolutions ordinaires, la rendre à nouveau étrangère et fascinante.

Ces pages virtuelles ne tendent pas à suivre l’actualité littéraire (même si elles la recroiseront, fatalement, au gré de mes envies) ou à multiplier les avis favorables et défavorables sur des livres lus à la chaîne ; mais plutôt à construire, mot à mot, une vision personnelle de la littérature et à la partager avec les lecteurs de passage.

 

(photo personnelle d’une page de La Maison des Feuilles)

 

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