De Litteris

25-3-2017

Les notes de bas de page

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Suite des coulisses (pour les prochaines, il faudra attendre samedi prochain : je serai demain enfermée dans un car avec cinquante latinistes/hellénistes et quatre valeureux collègues, en partance pour Rome et Florence où je jouerai les guides : souhaitez moi bon courage !).

Le plan, l’atmosphère, le projet d’écriture sont en place : commence alors la longue lutte pour atteindre l’idéal de livre que j’ai en tête et pour ne pas céder à mes tics d’écriture (phrase proustienne, démultiplication des points virgules au sein d’une même phrase, expansion déraisonnable d’adjectifs, répétition de mes mots préférés au détriment de la variété linguistique…).

l y en a pourtant un auquel je cède toujours : la note de bas de page. C’est mon péché mignon. Pourquoi, me direz-vous ? Outre son aspect “scientifique” (citer avec précision la source d’une citation, donner le titre original d’une œuvre ou proposer le texte d’origine, quand je me suis lancée dans sa traduction), la note de bas de page est l’endroit où je m’amuse à glisser des clins d’œil “inutiles” au développement général mais utiles pour offrir un surcroît d’informations au lecteur qui voudrait aller plus loin.
C’est aussi le lieu où je cache mes vacheries, mes blagues de mauvais goût, ou, plus simplement, mes clins d’œil personnels, qu’ils consistent en l’insertion d’une chanson que j’ai pu écouter en boucle en écrivant ou d’une déclaration d’amour (dans Sorcières !, il y a une note de bas de page qui, si elle peut être comprise par tous, a un sens caché, destinée à la personne à qui j’ai dédié secrètement les dernières pages de mon essai).

On demande toujours aux romanciers s’ils ont mis un bout de leur personnalité dans leurs personnages : figurez-vous que les essayistes en laissent eux-aussi échapper des morceaux, dans les références plus ou moins obscures qu’ils choisissent de mettre en avant ou… dans leurs notes de bas de page.
Vous l’aurez compris, plus qu’une accumulation de numéros qui vagabondent sous le texte (et rendent, je m’en excuse, le travail difficile au maquettiste), ces lignes à la police rétrécie sont mon échappée belle… mais aussi une manière de rendre hommage à l’un de mes écrivains préférés (Terry Pratchett, dieu des notes débordant sur le texte et créant un micro-univers humoristique à part entière) et à un livre dont la structure et le projet me fascinent depuis une dizaine d’années (La Maison des Feuilles).

Encore des références enfouies sous les références…

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2 commentaires

  1. /\| a écrit le 4-9-2017 à 17 h 45 min :

    Bonjour,

    Tout comme vous, j’apprécie la qualité des notes en bas de pages¹. Mais la mise en page et la typographie (comme ces recommandations[And17]) sont aussi importantes. L’objectif devrait toujours rester la facilité de lecture pour que le lecteur.

    À titre personnel, j’ai déjà utilisé LaTeX2e pour mettre en page et je trouve le rendu vraiment agréable à lire. Parfois, celui des éditeur WYSIWYG n’est vraiment pas top². Mais son utilisation reste souvent, malheureusement, l’apanage du milieu l’informatique voire scientifque car «trop technique».
    Pourtant la logique est simple:
    1. écrire le texte principal au kilomètre
    2. créer la structure
    3. mettre quelques balises pour la mise en valeur
    4. mettre les notes et la biblio
    Il faut admettre que les choses se compliquent lorsqu’il s’agit d’insérer des images ou de faire une mise en page très graphique. Mais le reste de la mise en forme est automatique, ce qui inclut la numérotation des chapitres, des notes de pages, l’emphase, les «liens cliquables» (dans le pdf). Je vous recommande d’essayer si vous l’avez pas encore fait.

    Pour ce qui est des notes dans un style «scientifique», dans l’objectif de citer la source complète, pourquoi ne pas faire à une bibliographie complète ? En prenant par exemple le format bibtex (comme alpha ou apalike [Bib] ). En plus de donner un certain style, cela permet de mieux retrouver la source dans la bibliographie.

    Voila, sinon comme beaucoup, j’attends l’été prochain mon exemplaire de Japon! Bon courage et bonne continuation.

    ¹ C’était simplement pour qu’il y ait une note en plus² ^^
    ² et même deux ! Les notes en bas c’est bien, mais, à mon sens, le rendu des pages doit rester harmonieux
    ³ Lorsque par exemple, on se positionne à un endroit où le style revient à celui par défaut alors qu’on avait légèrement agrandi la police et qu’on l’avait justifié.

    [And17] Petites leçons de typographie, Jacques André, http://jacques-andre.fr/faqtypo/lessons.pdf
    [Bib] BibTeX Style Examples, https://verbosus.com/bibtex-style-examples.html

  2. Julie Proust Tanguy a écrit le 5-9-2017 à 15 h 53 min :

    Merci pour ce commentaire, aussi technique que passionnant ! Je lirai les Petites leçons de typographie dans les prochains jours, cela complètera mes connaissances (une section de ma bibliothèque est consacrée au sujet) : merci pour cela aussi.
    Mon éditeur est en train de réfléchir à une nouvelle présentation des notes de bas de page, pour sortir du côté classique et souligner l’aspect “beau livre” de Japon! : l’essentiel est, effectivement, de conserver une harmonie et un vrai confort de lecture… tout en cédant à ma petite manie.
    Merci pour vos encouragements et rendez-vous à la fin du mois, pour la deuxième newsletter !

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