De Litteris

  • 12-3-2017

    L’uniforme de travail

    coulisse-tablier

    Les objets symboliques ne suffisent toutefois pas toujours à se mettre au travail : les distractions sont nombreuses, quand on se visse à son clavier.

    Internet et le «besoin» de faire une recherche de dernière minute est l’une d’entre elles. Cette nécessité que l’on s’invente comme si les derniers mois passés scotché sur une chaise de bibliothèque n’avaient jamais existé mène à d’autres distractions (mails, actualités révoltantes, réseaux sociaux, etc.), d’autres excuses (trouver la chanson parfaite pour écrire tel paragraphe, vérifier une règle typographique), dont le ridicule n’a d’égal que la peur profonde que celui-ci recouvre : celle de ne plus savoir écrire ou de ne pas se montrer à la hauteur de ses propres rêves… ce fameux syndrome de l’imposteur auquel je consacrerai une coulisse, dans quelques semaines…

    Ces distractions (ou plutôt: ces stratégies d’évitement) me poursuivent toujours lors des toutes premières pages ; une fois le projet sur les rails, elles s’effacent [...]

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  • 11-3-2017

    L’environnement de travail

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    J’ai évoqué, la semaine dernière, la phase de recherches, que je surnomme la phase obsessionnelle ; avant de vous parler du processus d’écriture, de mes tics stylistiques ou des petites choses que j’aime cacher dans mes textes, j’avais envie de parler un peu du cadre d’écriture que je me construis… entre autre parce qu’il participe de cette «phase obsessionnelle»!

    Mon bureau est envahi d’objets qui, au quotidien, m’offrent autant de passerelles stimulant mon imaginaire : si certains sont fonctionnels (hello, port USB TARDIS) ou purement sentimentaux (photos de mes proches, bouquet de mariée), d’autres n’existent vraiment que pour me rappeler, régulièrement, des projets d’écriture (comme cette carte de Venise qui, un jour…).

    Pour Japon!, c’est presque trop facile : il y un kamidana, complété à chaque voyage, dans l’entrée de mon appartement. La moitié de ma vaisselle est japonaise. Je n’ai pas attendu d’écrire un essai pour collectionner les kimonos ou réunir un concile [...]

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  • 5-3-2017

    La phase de recherches (2)

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    Ce n’est pas suffisant de s’immerger dans sa passion jusqu’à plus soif, en se documentant sur des sujets aussi divers que les techniques d’infiltration des ninjas ou sur l’obsession toute nippone des culottes blanches des schoolgirls.

    Encore faut-il prendre des notes. Ce que vous voyez, sur cette photo, finalement, c’est le livre à l’état brut, sans l’emballage du style. Le contenu, c’est le cadeau sur lequel le lecteur doit se jeter, en oubliant complètement l’empaquetage (la forme essai, ce genre littéraire qui fait peur car il est connoté «universitaire», «compliqué») pour jouir sans entrave du contenu, lire en voyageant et en se divertissant. Toute la difficulté de l’écriture tiendra d’ailleurs à faire oublier cet emballage…

    Ces carnets, griffonnés à la bibliothèque de la Maison de la culture du Japon, dans les transports en commun ou au milieu de mes livres, sont bleuis, noircis, verdis, rougis de citations, de commentaires, de questionnements, de morceaux de [...]

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  • 4-3-2017

    La phase de recherches (1)

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    Comment passe-t-on de la passion au livre? Tout commence par des mois de cogitation pour trouver le plan parfait, celui qui structurera les connaissances accumulées depuis des années et qui permettra de les rendre accessibles au lecteur.

    Pour Pirates! et Sorcières!, c’était une évidence: ce qui me fascinait, c’était l’évolution de l’archétype, ses facettes contradictoires ; la chronologie s’imposait. Mon Antiquité Romaine devait obéir aux impératifs de la collection dans laquelle il sortait.

    Japon! m’a donné plus de fil à retordre. Souhaitant livrer un panorama de l’imaginaire japonais (c’est d’ailleurs le sous-titre du livre) et réconcilier les partisans de la culture traditionnelle et de la pop-culture, je ne pouvais pas utiliser de plan chronologique, au risque de noyer mon lecteur sous les informations. Il fallait donc trouver les articulations thématiques qui permettraient d’offrir une vue d’ensemble dynamique.

    Une fois cette architecture trouvée et validée par mon éditeur, j’ai pu m’adonner à la recherche, ou plutôt [...]

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  • 26-2-2017

    Naissance du projet

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    Écrire un essai, c’est comme une traversée du désert ; pour moins ressentir la soif, je vous invite à m’accompagner lors de la dernière ligne droite… en vous révélant les coulisses de l’écriture de «Japon! Panorama de l’imaginaire japonais», à paraître dans quelques mois aux Moutons Électriques.

    À l’origine de chacun mes essais, il y a une passion qui me poursuit depuis l’enfance. Pirates! et Sorcières! proviennent de mes jeux enfantins et de ma tendresse précoce pour les marginaux, les exclus de l’Histoire officielle.

    Mon Antiquité Romaine est le reflet d’un de mes bonheurs quotidiens, transmettre les joies du latin et de la civilisation romaine à mes élèves (je fais en effet partie de cette belle espèce en voie d’extinction, les professeurs de lettres classiques).

    Et le Japon, me direz-vous ? Là encore, la fascination remonte à l’enfance… et aux douces heures passées, dans les années 80-90, à rêver de cosmo-énergie, d’Arcadia, de prisme lunaire, [...]

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  • 22-2-2016

    Dédicaces

    323

    Je serai au Salon Fantastique, porte de Champerret (métro Porte de Champerret), vendredi 26, samedi 27 et dimanche 28, de 11h à 16h, sur le stand des Indés de L’imaginaire.

    Venez faire le plein de Sorcières et de Pirates !

    pirates couverture

    Je serai ravie d’y glisser une longue dédicace, avant de vous faire joyeusement la bise et de discuter avec vous.

    A bientôt !

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  • 4-2-2016

    La Poupée de Kafka

    Fabrice Colin - Editions Actes Sud - Roman - France

    poupée kafka

    Comment résumer un roman qui se déploie comme une poupée russe et dont le coeur semble toujours fuyant ?

    Est-ce l’histoire de la poupée de Kafka, ce jouet offert à une petite fille en manque d’histoires, pour laquelle l’écrivain praguois composa un conte inédit et désormais perdu ? Est-ce celle de Julie Spieler et de son père, Abel, universitaire idolâtre de l’auteur de la Métamorphose, dont la relation repose sur une fascination-répulsion pour l’ombre de l’écrivain ? Est-ce celle d’Else Fechenberg, la fillette à la poupée, rescapée d’Auschwitz, s’enveloppant dans le mensonge comme en “un tour de magie amusant et sublimement vain” ?

    Est-ce l’histoire d’une filiation ou celle du poids de la littérature dans notre vie ? Celle d’un père ou celles des pairs que l’on se choisit et qui nous structurent presque malgré nous ? Est-ce l’histoire des histoires disparues, les non-dites, les non-écrites, les textes absents entre les êtres, les [...]

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  • 20-9-2015

    La Cachotterie

    cachotterie

    Tout commence par une entrée dérobée, dans une petite rue tranquille, qui révèle, dans son écrin de verdure, un bel atelier-galerie. A l’entrée, le chapeau de l’artiste nous salue malicieusement, perché sur une toile maculée de taches colorées, et nous accueille dans la Cachotterie.

    Qu’est-ce que la Cachotterie ? Une plongée dans l’univers de Frédéric Clément et de ses invités, une galerie d’arts minuscules à l’éclat majuscule. Les délicieux tiraillements entre l’infiniment petit et l’imposante évidente de la beauté sont d’ailleurs au cœur de cette première exposition…

    L’invité du moment est Vincent Tessier, dont les photographies offrent, sur grand format, une exploration de petits sujets délicieusement agrandis : geckos, figurines, oisillons, insectes, veinures de plantes s’étalent et révèlent leurs mystères. Le grain des photos et le choix du noir & blanc transforment parfois les œuvres en calligraphies chinoises ou en tests de Rorschach fascinants. On ne sait plus bien si le malheureux lézard n’est qu’éclaboussure d’encre [...]

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  • 16-9-2015

    Atlas des reflets célestes

    Goran Petrovic - Editions Notabilia - Roman

    AtlasDesRefletsCelestesGoranPetrovic

    Il est des livres dans lesquels on se promène comme dans un rêve : oubliant la narration linéaire, mêlant différents genres littéraires, réinventant sans cesse leur propre matière fictionnelle, ils promènent leurs lecteurs comme en des labyrinthes de songes échevelés.

    Atlas des reflets célestes fait partie de ces livres déroutants – au sens premier du terme : sortant des autoroutes balisées du roman, il s’invente à travers une constellation d’images où l’on croisera des personnages vivant à ciel ouvert, des fragments de commentaires de cartes ou d’ouvrages réinventés, des éclats sinueux de l’encyclopédie Serpentiana, des mythes sortis des ombres, des descriptions d’objets improbables, une cartographie merveilleuse de nos inconscients, un traité d’anatomie improbable, des possibilités de monde, des scénettes de vie quotidienne, un éloge du droit à rêver et à vivre en toute liberté, une certaine volonté de parcourir les dix mille chemins d’espoir qu’offre cet Univers qu’on façonne à son gré…

    Texte-gigogne, atlas [...]

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  • 28-8-2015

    Corde de lumière

    Zbigniew Herbert - Traduit par Brigitte Gautier - Editions Le Bruit du Temps

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    Que peut offrir la poésie dans un monde qui s’écroule ?

    Quand on a la langue pour unique royaume, que peut-on gouverner face au tonnerre de l’autoritarisme, à la violence déshumanisée, à la capitulation de la foi, à la disparition du temps des héros et des mythes (grecs, bibliques, historiques, littéraires), au réel privé d’émerveillement  ?

    en vérité, en vérité je vous le dis vaste est l’abîme entre la lumière et nous

    On peut, sans doute, rendre sa pureté et sa transparence à la langue, s’aboucher à la conscience collective, ré-illuminer les objets, jouer les veilleurs au regard blanc et droit comme ceux des statues antiques, et se dépouiller de tout lyrisme pour dire au plus près, au plus clair, les fondements de l’humain dans un monde chaotique…

    rends-moi le cri juvénile les mains tendues et ma tête son immense panache d’éblouissement rends-moi mon espoir tête blanche silencieuse

     

    Mieux qu’une critique, quelques extraits :

     

    À Marc-Aurèle

    au professeur Henryk Elzenberg

    Bonne nuit Marc éteins ta lampe referme ton livre Déjà [...]

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