De Litteris

25-3-2013

Une pluie d’écureuils

Francesco Pittau - Editions Les carnets du dessert de lune

Sous ce joli titre absurde sont regroupés les oracles et les expériences détournées de Maître K’ong (un des noms de Confucius) et de son disciple.

Francesco Pittau s’y moque des modes zen/ bouddhistes/ taoïstes qui ont envahi nos sociétés occidentales, en détournant leurs codes : fausses leçons de vie à la sagesse moquée (« Maître K’ong ! Maître K’ong ! Ils vont s’entretuer ! » s’écria le disciple en pénétrant dans la maison de son Maître qui était en train d’éplucher des légumes. « Les voisins en sont venus aux mains, et ils se massacrent l’un l’autre ! Comment les arrêter ? » Maître K’ong sourit et, tendant son couteau au disciple, il dit : « Rapporte-le-moi quand tu auras ramené le calme. ») ; rêves interprétés selon les principes du non sense (“Quand tu rêves que tu as cinq verrues sur le visage, c’est signe d’abondance et de prospérité“), de la facétie (“quand tu rêves que tu manges du saucisson à l’ail, la journée sera difficile pour tes proches“) ou de l’irrévérence (“quand tu rêves que trois prêtres, trois imams, trois pasteurs, trois rabbins et trois moines bouddhistes forment une ronde sodomite, c’est un signe d’apostasie aggravée“) ; aphorismes foutraques (“quand tu rêves de beurre et d’ail, il est temps de sortir de ta coquille“)…

Cette parodie corrosive des livres de sagesse met en scène une sorte d’impossible rencontre entre l’esprit occidental (qui tente de tout expliquer rationnellement, même l’impossible) et l’esthétique orientale – ou plutôt ce que nous en fantasmons : un concentré de non-dits à la fine élégance, invitant à une contemplation silencieuse d’où surgissent paroles de recueillement, haïkus dont la brièveté n’égale que l’inaudible profondeur, et aphorismes dignes de figurer dans les meilleures anthologies de proverbes zens.

Jouant de notre propension naïve à trouver poétique/ joli / inspirant ce qui n’est parfois que formule volontairement absconse, dont les vocables, tournant à vide, ne produisent que méditation stérile, Francesco Pittau nous offre donc un recueil d’éclats de rire aussi grinçants que joyeux.

On se le procurera avec plaisir chez son libraire ou en le commandant à l’éditeur.

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2 commentaires

  1. Francesco Pittau a écrit le 25-3-2013 à 8 h 53 min :

    Merci. :)

  2. Julie Proust Tanguy a écrit le 25-3-2013 à 9 h 07 min :

    De rien :)

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